SOMESTALIM-1 – Altérations sensorielles orales et des symptômes buccaux chez les patients atteints de cancer

Publication

En cours

Population

2 groupes : patients ORL et patients multi-cancer

Auteurs

Introduction

Les traitements anticancéreux entraînent fréquemment des altérations sensorielles et des symptômes buccaux susceptibles de perturber l’alimentation et d’augmenter le risque de dénutrition. Alors que les altérations du goût et de l’odorat sont largement décrites, les modifications de la somesthésie orale (texture, température, sensations trigéminales) ainsi que leur impact sur les préférences alimentaires et le comportement alimentaire restent peu étudiés.

Méthodologie

Population :

Deux études complémentaires :

  • (1) 30 patients atteints d’un cancer ORL et 30 témoins appariés ;
  • (2) 100 patients atteints de différents types de cancer ou survivants.

 

Temps d’évaluation :

  • Etude 1: Patients ORL : après traitement (≥ 6 mois après la fin des traitements).
  • Étude 2: Multi-cancer : patients sous traitement et survivants (pendant ou après traitement).

 

Tests effectués :

    • Étude 1 :

    • tests psychophysiques de sensibilité tactile, thermique, texturale et trigéminale,
    • évaluation des fonctions salivaires (débit, pH, pouvoir tampon, hydratation),
    • questionnaires.
      Étude 2 :

    • questionnaires sur les altérations sensorielles, les symptômes buccaux, les préférences alimentaires liées aux caractéristiques sensorielles, les difficultés alimentaires et le comportement alimentaire
    • analyses de clusters et corrélations.

Principaux résultats

  1. Les patients présentaient une diminution de la sensibilité trigéminale, thermique et texturale, ainsi qu’une altération des fonctions salivaires par rapport aux témoins.
  2. Les analyses de clusters ont mis en évidence différents profils sensoriels, confirmant une importante hétérogénéité des altérations sensorielles.
  3. Les symptômes buccaux (notamment sécheresse buccale, sensibilité dentaire et difficultés de mastication ou de déglutition) étaient fréquents et associés aux altérations sensorielles, aux préférences alimentaires et aux difficultés alimentaires.
  4. Les patients présentant le plus d’altérations sensorielles rapportaient davantage d’aversions alimentaires, une diminution des portions consommées et plus de difficultés à manger.

Conclusion

Les altérations sensorielles chez les patients atteints de cancer dépassent les seules modifications du goût et de l’odorat et concernent également la somesthésie orale et la fonction salivaire. Leur grande hétérogénéité et leur association avec les symptômes buccaux et les difficultés alimentaires soulignent l’importance d’intégrer une évaluation sensorielle dans la prise en charge nutritionnelle. Ces résultats ont servi de base au développement d’aliments adaptés sur le plan sensoriel dans le projet SOMESTALIM-2.